CHRONIQUE D’UNE CONTEUSE / 3

Mésange conteuseL’une des choses que j’aime beaucoup dans ma pratique de #conteuse, c’est apprendre les histoires en marchant. Le seul petit hic, c’est quand je croise un passant et qu’il me regarde l’air de penser que je suis un peu fêlée. Tant pis! Surtout que comme le dit si bien Cohen, que je paraphrase ici: « C’est par la fêlure que la lumière trouve son chemin ». Tout de même, je préfère pratiquer mes histoires dans la forêt, là où je risque moins de rencontrer des humains -et surtout, là où l’émerveillement me guette à tout instant; à ne plus savoir départager le réel du surnaturel… Comme cette fois, un peu plus tôt cet automne, alors que les mésanges m’ont accompagnée tout le temps de ma pratique. Il y avait aussi les chats de ma tendre amie chez qui j’étais en visite, dont un qui semblait vraiment m’écouter. Pour un moment, j’ai cru être Blanche-Neige

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FACEBOOK ME « DÉBLOGUE »

Depuis FB, je blogue moins. Beaucoup moins. Quelle tristesse quand j’y pense! L’instantanéité des médias-sociaux me joue des tours. Pourtant, je préfère -et de loin- une plate-forme de blogue à un mur FB. Point de vue beauté, j’entends: prendre le temps d’écrire, peser les mots, trouver le juste synonyme, macérer la réflexion, choisir une image pour illustrer le propos, etc.  Certes, je peux aussi choisir de prendre le temps d’écrire sur FB, mais à vrai dire, rien ne nous y invite. De plus, la trace laissée n’est pas la même. Sur le blogue, il y a les archives, sur FB, ça n’existe pas, ou plutôt, la chose est à ce point rudimentaire que ça n’a rien de pratique. L’aspect éphémère et garoché de FB reste intéressant dans le « day to day », comme des dizaines de voix qu’on entend piailler tôt le matin dans un resto avant le boulot, ou encore en après-midi durant la pause café… mais autrement, ça n’a pas la même saveur profonde que le blogue…

Je l’ai peut-être déjà dit, mais j’ai la nostalgie du temps où l’on se visitait de blogue en blogue, comme on va en visite chez les gens qu’on aime…  (Note à moi-même: réflexion à approfondir). Enfin, rien n’est pour autant perdu. Et je m’imagine revenir à mes premières amours blogueuses lorsque j’aurai trouvé mon « home sweet home » en nature; cet espace-temps favorable à mon rythme d’auteure. Pour l’heure, je vaque au rythme urbain et en saisis ce que je peux de bonheurs. Ils y sont quand même nombreux, hormis tout ce qui m’horripile de la ville!

Ainsi, il s’y trouve de beaux lieux empreints de sérénité. Comme cette église de mon quartier, l’église St-Joseph, que j’ai su capter juste avant qu’on ne la rénove (en partie) et, qu’au change, elle y perde un brin de ce romantisme propre aux bâtiments façonnés par le temps. J’ai toute une série de photos de cette église, mais seriez-vous étonnés si je vous disais qu’au rythme urbain je ne prendrai pas le temps de choisir/retoucher les meilleures pour ici les publier? 🙂 Ainsi va ma vie en ville ! Tout de même, je vous en offre une que j’aime particulièrement, avec la gracieuse participation du soleil et de la nature-en-broderie sur cette façade si joliment ouvragée par les hommes… puis par le temps.

RecueillementEnfin… merci d’être là… cinquantaine de précieux lecteurs abonnés et autres visiteurs du moment. Soyez les bienvenus à laisser vos mots dans la section prévue à cet effet. « Les Carolinade » aime toujours ça, la belle compagnie en visite… le temps de vivre.

Karo du 30 avril 2016…  au gré du jour.


Le Dico de Karo : Débloguer (mot dans le titre du billet). Verbe issu du nom commun blogue. Utilisé en tant que verbe, dans le sens de déploguer, de l’anglicisme « plug »,  brancher/débrancher un appareil électrique. Dans mon texte, utilisé au sens figuré, bien sûr: FB me faisant perdre l’énergie blogueuse; il me « déblogue ».

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PETIT OPÉRA SAVON

Cette semaine, ma vie est en suspension Mais n’ayant pas tout-à-fait prévu les choses ainsi, lundi j’étais dans une telle résistance que je me suis « psychosomatiquement » bloqué le dos. Conséquemment, ça me prends beaucoup de jus pour quelque activité que ce soit.

Mercredi 3 février, 8h30 am
Esquisse de salle-de-bainMa vie est en suspend, quelque part entre hier et demain, entre toute pis rien, entre le SPM et la menstru, entre l’hiver et le printemps (avec la température onirique du jour, comment peut-il en être autrement!). Mais surtout, ma vie est en suspend parce qu’il y a un chantier de construction chez moi et partout autour, chez mes voisins de coop. J’aurais voulu partir, fuir le bruit et les trucs incommodants (pas de toilette, pas de bain, la poussière, le bordel…) mais c’est impossible. Sans savoir à l’avance que les travaux allaient être faits cette semaine (ah! La communication dans la coop!), j’avais planifié des périodes d’écriture et de répétition de conte, mais là, dans tout ce chaos, oublie-ça! C’est certain que cette situation hors de mon contrôle, et m’empêchant d’œuvrer, est déstabilisante, voire, insécurisante… tsé, prendre du retard, on n’aime jamais ça… mais qui puis-je, là?

Cela dit, avec le dos en compote et qui me tire de l’énergie, l’avantage est que je n’ai pas le choix de lâcher-prise. Ou si, j’ai le choix. Je pourrais continuer à résister, ce qui ne ferait qu’empirer les douleurs physiques et psychiques. Mais, ô! heureuse expérience de vie, la sagesse m’invite à prendre ça cool. Ainsi, regardant le bon côté des choses… paraît que c’est vraiment pas agréable sur la route aujourd’hui. Je n’ai pas à sortir, c’est déjà ça. Je suis confinée dans mon atelier, musique dans les oreilles. De temps en temps je vais voir l’avancement des travaux et jaser les voisines qui sont dans la même nécessaire-schnoutte que moi! Oui, « nécessaire-schnoutte » car ces travaux de réno ne sont, disons, pas un luxe dans le cas de notre bloc appartement!

Réno de toilette!

Un poisson-poubelle sur tuiles de bain 😉

11h00
Mon chum m’appelle de son studio (la pièce d’à-côté) et m’invite à sortir prendre un café au coin de la rue… Un petit répit, quelle bonne idée! Il pleut. Le patelin est aussi défiguré que mon appart. Faut faire attention où l’on met les pieds. Entre les flaques de gadoue et les plaques de glace… Une sympathique agente culturelle du quartier que nous n’avons pas vue depuis des lunes nous accoste. La vie a de ses timings! Mon chum a besoin de manger (diabète oblige) et d’aller au pipi-room, de mon côté, avec mon manteau de plumes qui, sous le poids de la pluie, s’écrase et m’humidifie, j’ai l’inconfort corporel qui s’accentue de minute en minute. Mais on est là, à jaser sur le coin de la rue avec G. la joyeuse. J’en ri. Il vaut mieux. Choisir la joie en toutes occasions est un acte héroïque quotidien qui s’acquiert à force d’expériences éprouvantes. Les stocks de nerfs à bout, on finit alors par comprendre qu’il ne sert à rien de batailler avec la Vie.

Suis-je pour autant à l’abri des petits irritants ? Que non. Au café, mon esprit part dans tous les sens : la peinture, le ménage et le ramassage à faire après les travaux, mes tâches de travailleuse autonome à perpétuellement mettre à jour, les idées neuves et les vieilles qui jouent à saute-mouton dans ma tête. Je tente de me ramener au présent. Mon chum aidant, nous parlons de ses objectifs de musicien et, voyant que mon écho le stimule, je me sens heureuse malgré le « standby » sur ma vie. Après le café, on marche jusqu’à l’épicerie pour renflouer un brin le frigo à la veille de crier famine. Mon manteau fait « couac, couac », non, ce sont mes bottes!

De retour à la maison –et je poursuis ce billet.

Fantôme de baignoire

Fantôme de baignoire

Sur les quatre appartements en chantier, un seul donne encore accès à la toilette. J’y monte, chez N. et L. et quelle joie de rencontrer la petite Nora âgée de quelques mois! Cheveux noirs, pyjama rose bonbon. Elle me fait des sourires craquants tout en babillant. J’avise L. que je vais boire beaucoup d’eau aujourd’hui, juste pour le prétexte de revenir jaser avec sa petite Nora. Nous rions. Avant de retourner dans ma tanière, je passe par le studio de mon chum. Il est en feu, en train de composer un beat génial. J’y entends aussitôt la mélodie, alors je me mets  à fredonner des paroles sur le sujet du jour – J’aime improviser ainsi. C’est comme une seconde nature, chez moi.

Midi
Debout depuis 7ham. Un petit creux se fait sentir. Mon dîner : un bout de fromage de chèvre, des craquelins santé et une pomme… pourrie dedans  . Zut de flûte! Je suis en manque de fruits et légumes. Y’a de ces moments de vie où tout est hors de contrôle. Mais rien de grave. Je sais relativiser. Quand même. Et au fond, si y’a des travaux de rénovations en cours, c’est qu’on fait partie des privilégiés de ce monde. N’empêche… Chamboule le quotidien d’un humain et il se sent vite déphasé. #PasMieuxQu’unHamster*

Je passe dans le corridor commun à la coop et j’en profite pour dire au contremaître du chantier combien j’admire le travail qu’il fait. Moi qui a zéro patience avec, ne serait-ce que peinturer un mur… Le chef de chantier reçoit mon admiration avec humilité. « Oui, mais nous sommes habitués. » Peut-être, que je lui réponds. Quand même, vous faites un dur métier et je vous admire.

15h00
Les ouvriers se ramassent. Ils reviendront demain pour poser la céramique. L’un d’eux me dit : « Madame, c’est ok, nous allons remettre la vieille toilette pour ce soir. Ce à quoi je réponds, un brin rigolote : « Oui oui, pour mieux profiter de la nouvelle une fois les travaux terminés. » À lui d’ajouter, doublement rigolo : « Oui, exact. Ce n’est pas encore l’heure de l’inauguration. » Je n’avais jamais ainsi pensé à la chose. Inaugurer de nouvelles chiottes, ça doit être drôlement satisfaisait. Ahahahah! Je vous en reparle d’ici la semaine prochaine!

Sur cette fin de récit du quotidien, les ouvriers m’annoncent leur départ, ferment la porte. La super nouvelle et gentille voisine partie magasiner nos vanités. Je me retrouve seule, mon chum étant à la biblio. Ah! Le silence ! Je vais de ce pas faire la sieste, parce que c’est aussi ça; l’art du lâcher-prise.

Bon bain!16h30
Après un coup de balai dans l’appartement, je rêve du bon bain chaud… à venir seulement dans quelques jours. Pour le moment, je me contenterai de tremper mes mains dans l’eau de vaisselle à faire !

Et vous, vous en avez des anecdotes de rénovations à me conter? Des sagesses acquises sur le chantier? Ou encore des états d’âmes liées à cette activité ?
Je jubile à l’idée de vous lire sur le sujet.

Signé Karo, un brin abrutie mais heureuse, en direct du moment présent 😉

*N.B.: Je n’ai rien contre les hamsters.

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BONNE ANNÉE !

Oui oui, on est rendus au 18 janvier et je vous souhaite la bonne année!  Ainsi je trouve agréable d’é-ten-dre les vœux du nouvel an sur tout le mois plutôt que d’essayer de rejoindre le plus grand nombre entre le 31 décembre et le 3 janvier. Mon chum est pareil. On aime ça d’même. On voit un marchand le 8 de l’an, on lui dit: « Bonne Année! », on croise un voisin le 12, on attrape un ami au bout du fil le 19 , un passant sur la rue le 23… idem, idem, idem, on leur souhaite nos vœux de bonne année. Je trouve ça joyeux et nourrissant. Ça prolonge la magie du renouveau. Comme si chaque fois que j’offrais ces simples mots à d’autres, je me les souhaitais encore. À vous tous, donc, qui suivez Les Carolinades, d’abord un « Grand Merci » d’être là, puis un doux hiver à vous laisser vivre le plus possible au rythme de la saison … Joyeuse lumière et une année 2016 à créer la vie qui vous enchante, un pas à la « foi »… entoucas, pour ma part, c’est ce que je vais continuer de cultiver.

carovane-a-pointe-aux-trembles-005Pour la poétique et ludique statistique, voici ce que WordPress dit à propos des visites de mon site pour l’année 2015: « Un métro New-Yorkais contient 1.200 personnes. Ce blog a été visité 4 700 fois en 2015. S’il était un métro New-Yorkais, il faudrait faire 4 voyages pour les déplacer tous. »
Et pour ceux que ça pourrait intéresser, voici ma rétrospective (partielle) de 2015 en mots et en photos.

(crédit photo: Caroline Sniter)

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CHRONIQUE D’UNE CONTEUSE /2

Lanternes urbainesC’est sans télé ni Ipod qu’ ils ont  accepté le voyage, avec pour seul bagage, leur imaginaire… Ne quittant physiquement pas leur pupitre, ils ont pourtant plongé avec moi dans l’invisible. Tous ensemble dans la forêt des contes, enchantés de faire connaissance !
Jour du souvenir… à l’école primaire Laurent Benoît de la rive-sud de Montréal; 3h30 de contage, mon record! Me rendre-là était en soi une histoire. Moi qui avait prévu un itinéraire en transport en commun, j’ai dû me résigner et prendre un chic-taxi-fantôme… 50$ plus tard, au moins, j’y étais…

Devant une première classe de 5ème année. 22 élèves forts attentifs et heureux de recevoir mes histoires… et une éducatrice spécialisée qui traduisait en langage des signes pour une élève sourde. Parfois même, nos gestes étaient synchronisés.  À croire que je sais parler dans la langue des signes, ou encore, que j’étais divinement inspirée 😉 Idem pour la 2e classe de 5ème année, des élèves attentifs et curieux. Ils étaient 24. On m’avait dit qu’ils allaient être un peu agités, dû à l’absence prolongée de leur professeur régulier, mais ils ont tous embarqué. Jusqu’à la remplaçante qui m’a dit: « J’ai eu du mal à corriger les devoirs tellement j’étais captivée par vos histoires. » Les professeurs profitent ainsi L'envers de l'écolesouvent des activités spéciales pour faire avancer leurs nombreuses tâches. Ils oublient alors que leur cœur a aussi besoin de se nourrir d’invisible. Mais par bonheur, ils se font toujours un peu prendre dans les mailles des histoires.

Ensuite, j’avais 2 classes de 6ème année combinées. Ils étaient 54 à m’écouter et à suivre, même l’histoire la plus costaude de mon répertoire du jour… Et ils en ont même redemandé. J’ai donc ajouté 3 petites vites (oui, oui, le conte c’est comme l’amour ) et j’ai fini ça en beauté en leur swinguant la chanson du cowboy qui fait le tour de la montagne, chanson qu’ils ont fini par entonner avec moi.

Je leur ai même parlé de feu Frère Ours, par besoin de garder sa mémoire vivante, et leur ai appris sa fameuse formule magique d’entrée dans la forêt des contes : « Asticots gris, Asticots blancs, montrez-moé tous vos dents! Prêtez-moé vos oreilles, afin que les mots que je vais vous conter coulent à merveille, de ma bouche vers votre cœur… »

Bref… Ce fût une merveilleuse journée où je me suis sentie libre comme un poisson dans un fleuve clair et limpide… enfin… #Conteuse #Contente 😉

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